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Document d'information sur les Extensions pour médias chiffrés (Encrypted Media Extensions) au World Wide Web Consortium (W3C)

Ce document fournit des informations sur le travail du World Wide Web Consortium sur les Extensions pour médias chiffrés (EME), une interface de programmation d'application (API) commune qui peut être utilisée pour découvrir, sélectionner et interagir avec les systèmes de chiffrement du contenu. Ce document public complémente et met à jour la fiche technique sur EME de mars 2016.

Ce document est une traduction. La version originale anglaise fait foi. Il est également disponible en Japonais.

Introduction

Les Extensions pour médias chiffrés (Encrypted Media Extensions (EME)) du W3C ont reçu un degré élevé d'adoption et de mise en œuvre. La spécification présente de nombreux avantages techniques par rapport aux méthodes précédentes. C'est cependant un travail qui a prêté à controverse.

En 2013, les membres du World Wide Web Consortium ont commencé à travailler sur les Extensions pour médias chiffrés, une interface de programmation d'application (API) qui permet aux applications Web d'interagir avec des systèmes de protection de contenu pour permettre la lecture sur le Web d'audio et vidéo chiffrés.

Justification du travail sur EME au W3C

HTML5 et vidéo chiffrée sur le Web

HTML5 a introduit un support vidéo de première classe en ajoutant un élément <video>. Le premier brouillon de HTML 5.0 a été publié en 2008. Il a permis le contrôle de la lecture de la vidéo directement sur la plate-forme Web. Avant cet ajout, les développeurs devaient s'appuyer sur des plugins de navigateur pour afficher des vidéos. Cela impliquait que les utilisateurs devaient installer une application supplémentaire à exécuter dans leur navigateur. Les plugins ont été utilisés pour la vidéo, les animations, l'accès au microphone / caméra, à la musique, etc. - et une à une, la plate-forme Web a éliminé ces plugins. Les plugins les plus populaires incluaient leurs propres systèmes de DRM (gestion des droits numériques) pour lire du contenu vidéo chiffré. Cependant, ces plugins étaient exécutés dans un contexte distinct et en dehors du contrôle de sécurité des navigateurs. La plate-forme Web gagnant en fonctionnalités, les sites Web ont été en mesure de ne plus s'appuyer sur des plugins.

Justification du travail sur EME au W3C

Des centaines de millions de personnes veulent voir des films sur le Web et la plupart des compagnies de cinéma stipulent que la vidéo doit être chiffrée pour être légalement disponible en ligne. Plusieurs membres du W3C ont demandé au W3C de travailler sur la meilleure et plus sûre façon de visionner des films chiffrés sur le Web.

Le Directeur du W3C, Tim Berners-Lee, a donc décidé que le travail sur EME était pertinent pour le Web et le W3C a commencé à explorer la façon dont la technologie EME pourrait fonctionner dans le navigateur - pas en tant qu'application téléchargeable séparée - et soit produite de manière ouverte et en tenant compte du respect de l'accessibilité, la sécurité et la vie privée.

Utilisation large et croissante d'EME et de la vidéo en streaming

Les films sur le Web sont devenus une partie influente de notre vie moderne et constituent un aspect vital, créatif et attrayant de notre culture. L'utilisation de services de streaming vidéo augmente à l'échelle mondiale. On estime qu'en 2017, le nombre de personnes aux États-Unis utilisant le streaming vidéo payant et gratuit a dépassé l'utilisation du DVD, le téléchargement ou même l'utilisation du câble pour la première fois et que le trafic vidéo représentera 82% de tout le trafic Internet du consommateur d'ici 2021, comparé à 73% en 2016. L'utilisation des services de streaming augmente de façon exponentielle à travers le monde. Des centaines de millions d'abonnés utilisent déjà EME dans des services comme Netflix ou similaire. En 2016, il y avait 93,8 millions d'abonnés Netflix, 98,75 millions en fin de premier trimestre 2017, et les 100 millions d'utilisateurs furent annoncés en avril 2017.

EME est le produit d'une large collaboration de grandes entreprises telles que Google, Microsoft, Netflix, Apple, CTA, la MPAA (qui comprend Disney, Fox, NBC Universal, Paramount, Sony Pictures et les studios Warner Bro), et à la mise en œuvre importante dans les navigateurs tels que Google Chrome, Apple Safari, Mozilla Firefox, Opera et Microsoft Edge.

Avantages d'EME

Les Extensions pour médias chiffrés (EME) permettent l'interopérabilité, un meilleur respect de la vie privée, plus de sécurité, d'accessibilité et une meilleure expérience utilisateur dans la visualisation de films sur le Web.

Sécurité et confidentialité

Le but de la spécification est de protéger l'utilisateur : des attaques réseau et du pistage, ainsi que la protection des informations stockées sur le périphérique de l'utilisateur. La section d'introduction de la spécification attire l'attention des implémenteurs sur l'importance de l'atténuation des menaces et des préoccupations en matière de sécurité et de confidentialité autour de EME. Par exemple, les implémentations de CDM conformes sont restreintes de diverses manières dans EME, y compris en les empêchant d'accéder aux ressources réseau, au stockage, aux données d'utilisateur autres que l'état du CDM et aux données persistantes, ou aux composants matériels non requis pour la lecture vidéo. Les CDMs sont également tenus de permettre d'effacer les données persistantes. Les exigences en matière de sécurité et de confidentialité ne peuvent être satisfaites sans avoir connaissance des propriétés de sécurité et de confidentialité du système de clé et de celles des implémentations du CDM. Un navigateur utilisant un CDM tiers peut assurer qu'il s'exécute dans un environnement restreint (par exemple un « bac à sable ») sans avoir accès aux informations et composants interdits. Dans le cas contraire la spécification indique que le navigateur doit veiller à ce que les utilisateurs soient pleinement informés et / ou doivent donner un consentement explicite avant le chargement ou invoquer le CDM.

Le navigateur Firefox utilise déjà le sandboxing et permet également à l'utilisateur de choisir de désactiver le CDM et d'exclure les mises à jour futures. Chrome offre également l'option de désactiver le CDM (Préférences → Paramètres → Paramètres Avancés → Confidentialité et Sécurité → Paramètres de contenu → Contenu protégé.)

Les implémentations EME conformes protégeront les utilisateurs et fourniront un modèle de confidentialité et de sécurité supérieur aux plates-formes natives alternatives. Cependant, dans l'architecture logicielle actuelle, en particulier les implémentations CDM fermées, cette spécification ne peut pas imposer une protection complète aux utilisateurs. Néanmoins, la spécification définit clairement les attentes en matière de protection.

EME dans l'Open Source

La spécification elle-même peut être implémentée dans des projets open source et logiciels libres puisque EME ne prévoit aucune implémentation particulière de CDM. EME prévoit la prise en charge des systèmes de clés communs Clear Key pour fournir un niveau commun de fonctionnalité de base, mais ce système peut également être implémenté en open source. La spécification EME autorise également de futurs systèmes CDM, y compris des systèmes qui seraient plus adaptés aux projets de logiciels libres.

En outre, comme pour toutes les Recommandations du W3C, la mise en œuvre est volontaire. La spécification des extensions médias chiffrés est une extension de la plate-forme Web ouverte et de la spécification HTML, plus précisément l'interface HTMLMediaElement, d'où le nom, ce qui signifie que la prise en charge d'EME par le navigateur est facultative : si un navigateur ne prend pas en charge les médias chiffrés, il ne sera pas en mesure de lire des fichiers chiffrés, mais EME n'est pas nécessaire pour la conformité HTML. Un tel navigateur n'aurait aucune difficulté à afficher un contenu qui n'est pas protégé par DRM.

Se détacher des plugins

Comme mentionné précédemment, les plugins ont été historiquement utilisés pour des fonctionnalités qui n'étaient pas disponibles dans la plate-forme Web ouverte, par exemple API graphiques, accès caméra / téléphone, audio / vidéo, contenu vidéo protégé ou animations plus rapides. Cela signifie que le code relié au DRM était chargé pour chaque page utilisant Adobe Flash ou Microsoft Silverlight, même quand il n'y avait pas de vidéo chiffrée ou pas de vidéo du tout. Nous avons travaillé à améliorer les fonctionnalités de la plate-forme Web ouverte, en suivant les objectifs du Web Extensible pour offrir une meilleure expérience aux développeurs et aux utilisateurs. Pour les développeurs, les environnements de programmation de plugins externes impliquaient généralement l'utilisation d'outils propriétaires pour créer des applications et les rendaient dépendants à une feuille de route de développement spécifique comparé au cycle rapide de la plate-forme Web ouverte et à l'ensemble du Web moderne. Canvas APIs, Media Capture and Streams, ou WebRTC sont toutes des extensions de la plate-forme Web ouverte.

En développant EME en tant qu'extension, le W3C réduit le nombre de pages qui chargent l'accès aux technologies de déchiffrement. EME a l'avantage que toutes les interactions se produisent dans le navigateur Web et déplace la responsabilité de l'interaction depuis des plugins ou des applications tierces vers le navigateur. L'API EME limite les interactions avec les DRM au navigateur lui-même, restreint l'accès des systèmes DRM tiers, ce qui réduit leur exposition à des failles de sécurité ou les fuites de données utilisateur sensibles.

Accessibilité

EME améliore l'accessibilité de la vidéo en ligne chiffrée, contrairement aux nombreux mécanismes existants, en opérant à un niveau qui n'interfère pas avec la transmission ou le contrôle des informations d'accessibilité, en isolant la fonction de lecture de contenu vidéo protégé dans la spécification EME et en l'intégrant dans la plate-forme Web ouverte. Notre analyse et nos tests d'EME n'ont montré aucun obstacle à l'accès aux légendes, aux transcriptions ou à la description audio de la vidéo. Les applications conformes à EME veillent également à ce que les informations d'accessibilité soient transmises en clair; ou, si elles sont chiffrées, qu'elles soient déchiffrées en même temps que le fichier vidéo principal. De plus, en ce qui concerne les questions spécifiques soulevées dans les objections formelles, de nombreuses fonctionnalités vidéo nécessaires à l'accessibilité sont fournies par la plate-forme Web ouverte. Par exemple, l'accès aux contrôles vidéo, à la modification de l'échelle de temps, à la découverte et à l'activation / désactivation de contenu alternatif, l'utilisation de l'écran secondaire sont tout autant de fonctionnalités que fournissent la spécification HTML ou certaines de ses extensions. Ces améliorations ainsi que de futures améliorations en accessibilité de la plate-forme Web ouverte peuvent être mises à profit.

En savoir plus sur EME et l'accessibilité en particulier.

Une intégration harmonieuse avec la plate-forme Web ouverte

Les extensions de source de médias (MSE) du W3C sont une API qui étend HTMLMediaElement pour permettre un contrôle plus précis sur la source des médias et la lecture à partir de « morceaux » de vidéo et permet des techniques telles que le transfert adaptatif et le décalage temporel. Pour être en mesure d'adapter la diffusion de contenu aux conditions du réseau et autres exigences, EME fonctionne avec la lecture des flux multimédias fournis par l'implémentation de MSE.

Ceci se fait en isolant la fonction de lecture de contenu vidéo protégé dans la spécification EME et en l'intégrant dans la plate-forme Web ouverte.

En tandem avec MSE, EME n'est qu'une partie de la vision du W3C pour le réglage des médias, qui comprend HTML5 ainsi que TTML (pour lequel W3C a remporté un Emmy Award en 2016) ainsi que d'autres spécifications. La plate-forme Web ouverte, dont HTML5 est la pierre angulaire, comprend également CSS, DOM, SVG et les API Web.

Toutes ces spécifications sont des technologies ouvertes et libres de droits qui permettent aux développeurs de créer des expériences interactives riches, alimentées par de vastes magasins de données, et qui sont disponibles sur n'importe quel appareil.

Interopérabilité

Le rapport d'implémentation fourni lors de l'élaboration de la spécification a déjà démontré une interopérabilité importante entre les navigateurs. Les applications Web peuvent désormais tirer parti de plusieurs implémentations de CDM sans connaissance a priori des systèmes de clé ou des formats utilisés. Que le format vidéo utilisé soit MP4 ou WebM, ou que le système de clé soit cenc ou WebM, cela reste transparent pour l'application Web. Cela simplifie la tâche du développeur Web et assure un meilleur niveau d'interopérabilité.

La technologie EME

Navigateurs

Les sites Web sont censés se conformer aux DRM pris en charge par le navigateur - plus besoin d'installer de plugins différents pour chaque site. Les navigateurs sont censés assurer la sécurité et la confidentialité des utilisateurs en ce qui concerne les DRM auxquels ils s'intègrent. Dans certains cas, les navigateurs ont inclus leurs propres DRM qu'ils contrôlent et connaissent bien. Dans d'autres cas, les navigateurs concluent des accords contractuels avec les fournisseurs de DRM qui doivent inclure des dispositions relatives à la sécurité des utilisateurs et la confidentialité; ou bien les navigateurs utilisent les capacités de la plate-forme fournies par le système d'exploitation de l'utilisateur. Les navigateurs vont probablement désactiver complètement les plugins, améliorant encore plus la sécurité et la confidentialité. Les éditeurs de navigateurs ont un excellent historique d'encouragement et de récompense des évaluations indépendantes de la sécurité de leurs produits visant à les rendre plus sûrs.

Batterie

Les utilisateurs peuvent profiter d'une vidéo de meilleure qualité et sans saccades et en économisant la batterie grâce à l'utilisation de décodeurs vidéo matériels disponibles sur certaines plates-formes.

Système Clear Key

L'API EME permet une interaction dans le navigateur avec déchiffrement à clé en clair ainsi qu'avec des systèmes complexes de DRM pour la vidéo à haute valeur ajoutée.

Bien que EME ne définisse pas de fonctionnalité de DRM, la spécification exige que tous les navigateurs prenant en charge EME doivent implémenter le système Clear Key, qui est le seul système de déchiffrement prescrit par la spécification. Alors qu'une mise en œuvre d'EME pleinement fonctionnelle dans le logiciel libre est impossible, en raison de la nature fermée du chiffrement requis par les DRM, le système Clear Key utilise une clé non chiffrée pour déchiffrer le contenu et aucune protection supplémentaire de contenu n'est nécessaire côté client. Le système Clear Key n'est pas considéré comme une technologie DRM, mais elle peut néanmoins être utilisée avec EME pour le déchiffrement.

Postcompatibilité

EME est une interface permettant aux applications Web de contrôler la lecture de contenu vidéo chiffré. L'échange licence / clé est contrôlé par l'application, ce qui facilite le développement d'applications de lecture robustes prenant en charge une gamme de technologies de déchiffrement et de protection de contenu. La spécification ne définit pas un système de protection de contenu ou de gestion des droits numériques, mais définit une API commune permettant de découvrir, sélectionner et interagir avec de tels systèmes ainsi qu'avec des systèmes de chiffrement de contenu plus simples. Ainsi, il est agnostique en matière de système de protection de contenu existant et futur.

EME, DRM et Politique

Des inquiétudes ont été exprimées quant à l'impact d'EME autour des DRM et de ses implications juridiques.

EME et DRM

Les DRM sont couramment utilisés pour s'assurer que les vidéos et autres médias ne soient pas copiés ou joués de manière non autorisée. Des lois empêchant le contournement des DRM existent dans un certain nombre de pays à travers le monde, y compris le DMCA aux États-Unis, et la directive de l'Union Européenne sur les droits d'auteur, ainsi que dans les traités de l'OMPI (WIPO). Ces lois ne se limitent souvent qu'au droit d'auteur, de sorte que l'anti-contournement restreint la recherche en sécurité et l'interopérabilité, même s'il n'y a pas de violation du droit d'auteur ou s'il n'y a pas d'utilisation non autorisée.

Certaines personnes n'acceptent les DRM sous aucune forme et s'opposent à EME comme moyen de faciliter la visualisation de films protégés sur le Web. Cependant, arrêter EME n'empêcherait pas les contenus protégés d'être créés ou utilisés sur le Web; cela bannirait simplement les contenus protégés vers des applications fermées ou des périphériques fermés (voir aussi sur EME dans HTML5). Avec EME, l'interaction se produit dans le navigateur lui-même.

L'API EME ne définit pas de fonctionnalité DRM. EME standardise uniquement les points d'entrées du DRM, et pas le DRM en soi. Les utilisateurs ont la possibilité d'interdire les DRM exposés par EME (et grâce à l'exclusion, d'interdire totalement toute négociation avec du contenu protégé). Le choix existe, à prendre ou à laisser - une grande amélioration par rapport aux autres systèmes (voir la fiche technique de 2016 sur EME pour plus d'informations). Ainsi, aucun navigateur n'est tenu de mettre en œuvre EME et aucun utilisateur n'est obligé d'interagir avec du contenu protégé.

Certaines personnes craignent que la recommandation d'EME par le W3C rende légitime l'utilisation du droit anticontournement. Nous ne cautionnons pas l'application de cette loi contre la recherche en matière de sécurité. Plus grande est la confiance des utilisateurs dans les promesses de sécurité d'EME s'ils peuvent, ou si des chercheurs reconnus peuvent l'évaluer et en tirer parti.

Politique

Certains groupes ont exigé que le W3C promulgue des protections légales concernant les DRM et contournements liés à EME alors que le groupe de travail œuvrait pour qu'EME obtienne le statut de Recommandation. Ceci donna lieu à un large débat parmi les membres du W3C et dans la communauté technique autour de la question de l'adoption d'un pacte visant à protéger les chercheurs des lois anti-contournement tout en leur permettant de divulguer des failles de sécurité ou de confidentialité. Au sein du W3C, différentes propositions ont été avancées, mais malheureusement, aucun consensus ne s'est déclaré parmi les membres du W3C sur l'acceptation ou non d'un tel pacte. Par conséquent, le Directeur du W3C a décidé de permettre au travail sur EME de se poursuivre tel que prévu dans sa charte.

Il existe déjà des exemptions de la Bibliothèque du Congrès au DMCA des États-Unis pour les chercheurs en sécurité, garantis par l'EFF qui demande également que la loi elle-même soit modifiée. La Bibliothèque du Congrès a récemment recommandé que le Congrès envisage d'étendre l'exonération permanente existante aux types de « tests de sécurité » pour la rendre plus applicable à un ensemble plus large de pratiques de recherche en matière de sécurité.

Dans la réponse du W3C à l'UNESCO, nous avons exhorté l'UNESCO à utiliser son influence politique pour insister sur le fait que les lois des États membres sur Internet soient systématiquement raisonnables et équitables et respectueuses des droits de l'homme. Le W3C invite un changement des protections prévues par la loi pour les chercheurs au niveau gouvernemental - l'endroit adéquat pour ces modifications.

Le W3C a pris à cœur les appels des défenseurs et experts à la protection des chercheurs en matière de sécurité et protection de la vie privée. Le W3C étudie les lignes directrices concernant les bonnes pratiques en matière de divulgation de failles de sécurité (voir ci-dessous pour plus d'informations sur le document de bonnes pratiques).

Citations et contextualisation

Le Web doit être universel

Tim Berners-Lee a noté dans « EME dans HTML5 » en février 2017 :

Le Web doit être universel pour être fonctionnel. Il doit être capable de contenir les folles idées du moment, mais aussi les idées plus abouties du siècle. Il doit être capable de prendre en charge toute langue et toute culture. Il doit être en mesure de contenir des informations de tous types, et les médias de plusieurs genres. Un aspect de la notion d'universalité, et que le Web doit être capable de prendre en charge ce qui est gratuit et payant, car cela fait partie intégrante de ce monde. Cela signifie qu'il est bénéfique que le Web soit en mesure d'inclure des films, et pour cela, il vaut mieux qu'EME fasse partie d'HTML5, plutôt que de l'exclure.

Sur l'avenir des médias commerciaux

Selon CTA WAVE :

Les extensions de source de médias et pour médias chiffrés d'HTML5 permettront à de nombreux petits fournisseurs spécialisés de diffuser des médias commerciaux sur le Web. Et contrairement aux canaux de diffusion, les contenus disponibles sur le Web le sont en point à point, sans limite quant au nombre et de la variété de contenu. Cela peut favoriser une croissance à grande échelle des contenus vidéo commerciaux de niche, transformant l'industrie du divertissement tout en faisant progresser le Web du XXIe siècle en élargissant sa nature et en augmentant son utilité…

La véritable alternative à EME n'est pas un monde utopique sans médias chiffrés, mais un monde où les médias commerciaux sont uniquement disponibles par le biais d'applications propriétaires et uniquement disponibles sur les plates-formes que les propriétaires de contenu considèrent comme les plus importantes sur le plan commercial.

Faire le choix du Web

Peter Bright dans un article sur Ars Technica de mars 2017 « Les DRM dans HTML5 sont une victoire pour le Web ouvert, pas une défaite » a déclaré :

Privés de la possibilité d'utiliser des plugins de navigateurs, les distributeurs de contenu protégé ne passent pas, en général, à des contenus non protégés. Au lieu de cela, ils se détournent complètement du Web. Vous voulez envoyer une vidéo protégée par DRM sur un iPhone ? « Il y a une application pour cela. » Les applications natives sur iOS, Android, Windows Phone et Windows 8 peuvent tous prendre en charge les DRM, avec certaines plates-formes, comme Android et Windows 8, offrant même différentes API et fonctionnalités pour y contribuer.

En d'autres termes, l'alternative à l'utilisation de DRM par le biais de plugins de navigateur sur le Web n'est pas « abandonner les DRM; » c'est « abandonner le Web. »

EME comme tremplin pour un monde sans DRM

Bright a ensuite soutenu que la plate-forme EME offre aux fournisseurs de contenus l'opportunité d'expérimenter avec des contenus non protégés, ce qu'ils n'auraient pas nécessairement fait hors du Web dans le cadre des plugins ou d'un format d'application particulier :

Ce type d'application Web Netflix donnerait à Netflix un terrain d'essai approprié pour expérimenter autour de contenus non protégés. Ces contenus non protégés auraient une plus grande portée et seraient accessibles à un ensemble d'utilisateurs qui ne peuvent normalement pas utiliser les contenus protégés. Elle fournirait un terrain d'essai pour une entreprise comme Netflix pour prouver que les DRM sont inutiles et qu'en les supprimant, les propriétaires de contenus auraient un accès accru au marché et donc de plus grands revenus potentiels. Certes, cela pourrait aussi s'accompagner d'un risque de piratage intensifié et de redistribution non autorisée, ce qui pourrait servir à justifier l'utilisation continue des DRM.

Avec les plugins et les applications, il n'y a pas de transition significative vers un monde sans DRM. Il n'y a pas de bon moyen pour les distributeurs de tester les eaux et de voir si la distribution non protégée est viable. Avec EME, il y en a. EME maintiendra le contenu hors de toute application et sur le Web, et cela créera un tremplin vers un monde sans DRM. Cela ne nuit pas au Web ouvert : cela s'efforce d'assurer son utilité et sa pertinence.

Actions en cours

Protection des chercheurs

Le W3C a été appelé par certains membres à élaborer un ensemble acceptable de bonnes pratiques. Le W3C est un forum; un lieu où inviter les discussions et les parties intéressées : chercheurs et défenseurs ainsi que les éditeurs de navigateurs et les distributeurs.

Le W3C a envisagé des bonnes pratiques en matière de divulgation de failles de sécurité pour aider les chercheurs et les entreprises de sécurité à travailler ensemble afin d'identifier les vulnérabilités et de protéger les utilisateurs. Nous encourageons les organisations impliquées dans la mise en œuvre de DRM à assurer une protection adéquate de la sécurité et la confidentialité de leurs utilisateurs et à envisager d'adopter les bonnes pratiques proposées dans les directives de sécurité (ou une variante), visant à protéger les chercheurs en matière de sécurité. D'autres pourraient plaider en faveur de la protection dans les forums de politique publique - un domaine qui est en dehors du champ d'application du W3C qui est un organisme de normalisation technique.

Continuer à œuvrer pour l'avenir du Web

Le W3C est bien plus qu'HTML5 ou la vidéo; nous travaillons sur plus de 200 spécifications actives visant à devenir des Recommandations (voir ci-dessous à propos du W3C)

À propos du W3C

Le World Wide Web Consortium (W3C), une organisation internationale de normalisation, élabore les normes et directives techniques du Web. Le W3C a été fondé en 1994 par Sir Tim Berners-Lee, inventeur du Web et Directeur du W3C. Dr Jeff Jaffe est le PDG du W3C. Ensemble, ils guident le W3C dans sa mission de « mener le Web à son plein potentiel. » La vision du W3C pour « Un Seul Web » rassemble des milliers de techniciens dédiés représentant plus de 400 organisations membres et des dizaines de secteurs de l'industrie.

Sir Tim Berners-Lee a créé le Web et en a fait cadeau au monde. Depuis ce temps-là, il œuvre pour le protéger, en luttant pour le garder ouvert, sans redevance et sans brevet. Il préconise de mettre le Web à la disposition du monde entier et véritablement « pour tout le monde. »

Depuis plus de 20 ans, le W3C développe de nouvelles normes et s'assure que le Web reste ouvert, accessible et interopérable pour tout le monde dans le monde entier, de sorte que le Web fonctionne sur tous les appareils, dans différentes langues, pour les personnes de toutes capacités et qu'il réponde aux besoins d'industries diverses.

À propos du processus du W3C

Une recommandation du W3C est une spécification ou un ensemble de directives ou d'exigences qui, après une recherche poussée de consensus, ont reçu l'approbation des membres du W3C et de son Directeur. Les licences libres de droits accordées dans le cadre de la Politique relative aux brevets du W3C s'appliquent aux Recommandations du W3C.

La Politique du W3C sur les brevets, conçue pour assurer la poursuite de la dynamique fondamentale de l'innovation et de l'interopérabilité qui a fait le succès du Web, facilite le développement des recommandations du W3C, favorise la mise en œuvre généralisée de ces recommandations et permet l'accès sans redevance aux brevets détenus par les auteurs des recommandations qui sont essentiels à leur mise en œuvre.

(Le texte ci-dessous provient du document du Processus du W3C qui décrit les lignes directrices sous lesquelles fonctionne le W3C)

Consensus

Le Consensus est une valeur fondamentale du W3C. Pour promouvoir le consensus, le processus du W3C exige que les présidents de groupe veillent à ce que les groupes prennent en compte tous les points de vue et objections légitimes et s'efforcent de les résoudre, que ces opinions et objections soient exprimées par les participants actifs du groupe ou par d'autres (par exemple un autre groupe du W3C, un groupe d'une autre organisation, ou le grand public). Remarque: Le Directeur, le PDG et le Directeur des opérations (COO) du W3C ont pour rôle d'évaluer le consensus au sein du comité consultatif.

Gérer le désaccord

Le processus du W3C indique : Dans certains cas, même après un examen attentif de tous les points de vue, un groupe pourrait se trouver incapable de parvenir à un consensus. Le président du groupe peut enregistrer une décision où il y a désaccord (à savoir, il y a au moins une objection formelle) de sorte que le groupe puisse progresser.

Les contestataires n'ont pas moyen d'arrêter le travail d'un groupe en se contentant de dire qu'ils ne peuvent pas vivre avec une décision. Lorsque le président du groupe estime que le Groupe a dûment examiné les préoccupations légitimes des contestataires dans la mesure du possible et du raisonnable, le groupe peut continuer.

Objections Formelles

Une personne peut enregistrer une objection formelle à une décision. Dans une objection formelle à une décision de groupe, l'examinateur demande au Directeur du W3C de considérer l'objection comme faisant partie de l'évaluation de cette décision. Une personne qui enregistre une objection formelle devrait citer des arguments techniques et proposer des modifications qui élimineraient l'objection formelle; ces propositions peuvent être vagues ou incomplètes. Les objections formelles qui ne fournissent pas d'arguments de fond ou de justification ne sont pas susceptibles d'être examinées sérieusement par le Directeur. Un enregistrement de chaque objection formelle doit être mis à la disposition du public.

Contact pour les médias

Envoyer les demandes des médias à w3t-pr@w3.org.